CR – Marathon La Rochelle 2019

Il y a trois semaines déjà, je courrais mon deuxième marathon. Il me tardait de poser les mots sur ce nouveau challenge.

Je ne vais pas vous cacher que cette course ne s’est encore une fois pas déroulée comme je l’avais imaginée, ni comme je l’aurais souhaitée. Un marathon est si imprévisible que le fait même de l’avoir terminé est pour moi une belle victoire personnelle.

Cette course, comme je vous le disais ici, c’était clairement ma revanche sur le marathon de Paris que je devais faire en avril dernier. Je n’ai malheureusement pas pu la faire suite à une inflammation de mon ischio-jambier gauche. D’avril à août, j’étais en repos, seuls quelques petits runs rythmaient mon quotidien.

J’ai repris l’entraînement en septembre avec un objectif : le marathon de La Rochelle. Pour tout ceux qui sont curieux d’en savoir un peu plus sur ma préparation et mon état d’esprit lors de l’entraînement, n’hésitez pas à lire mon dernier article.

Mon état d’esprit avant le Marathon :

J’étais plutôt sereine, bien plus que lors de mon premier marathon, en avril 2018. En une année et demi de course à pied, j’ai gagné en maturité, je me sentais confiante et psychologiquement prête. Je me suis bien entraînée, tout en écoutant mon corps. La seule chose qui m’inquiète c’est d’avoir une douleur « physique » qui se réveille durant la course. Lors de mon premier marathon, j’ai eu très mal au genou gauche, puis à la hanche, et ça m’a un peu traumatisée.

Un seul mot d’ordre pour ce nouveau défi : profiter !

Le parcours du marathon, plus ou moins « deux boucles ».

J-1 Départ pour La Rochelle

Nous sommes partis de Paris 24h avant, l’objectif était de récupérer le dossard en milieu d’après-midi, de faire un coucou aux copains du Happy Running Crew et surtout de se reposer.

Objectif rempli, et ce malgré le monde fou pour récupérer son dossard. C’est bien la première fois que j’attends aussi longtemps, mais sinon rien à dire l’organisation était carrée.

Ensuite, direction notre hôtel. On l’a choisi en plein dans le centre, à quelques minutes à peine du départ. Une fin de journée tranquille et qui s’est ponctuée par un restaurant en famille. Plat de pâtes oblige pour moi (et un petit dessert tout de même), et surtout beaucoup d’eau !

Je ne vous cache que je n’ai pas dormi profondément. Je n’étais pas stressée, mais le fait de savoir que je devais me lever tôt pour enfin prendre le départ de mon second marathon ne m’a pas permis de me plonger dans un profond sommeil. Et pourtant, j’étais si fatiguée…

Jour J-

Je me réveille tout de même 9 heures après m’être couchée. En pleine forme, je m’habille, mange mon banana bread de l’amour et une compote (meilleur petit déjeuner pré-marathon). Puis, il est déjà temps d’affronter l’extérieur. Direction le départ prévu à 9h.

Lorsqu’on sort… Il pleut des cordes. Ça me casse un peu le moral je l’avoue, mais bon au fond ça ne change pas grand chose car je suis bien équipée.

On rejoint le départ, je retrouve Chloé dans le SAS -4h. Trop de bonheur de croiser sa petite bouille. Chloé a pour objectif de faire 4h, moi plutôt -4h, mon allure est censée être de 5’20, et Chloé part sur 5’30. On va donc vite se séparer. Je ne sais pas pourquoi mais au fond je sens que Chloé va me rattraper durant la course, elle me dit que NON mais j’en suis persuadée !

Kilomètres 1 à 3 : Départ de la course sous la pluie mais avec une belle ambiance. Il y a beaucoup trop de monde ça bloque pas mal durant le premier kilomètre, et je n’arrive pas à trouver un rythme stable.

1KM : 5’28
2KM : 5’19
3KM : 5’10

Kilomètres 4 à 8 : Tout va bien, je suis plus ou moins stable en fonction du parcours. Il y a une belle ambiance, des supporters, mais le terrain est loin d’être plat, il y a pas mal de faux plats. J’essaie donc de rester stable. J’aperçois Damien aux alentours du 7ème kilomètres, je suis hyper contente ça me rebooste. Je semble être plus lente lors du kilomètre 8… Il va falloir que je m’active un peu si je ne veux pas que cette allure s’installe.

4KM : 5’12
5KM : 5’22
6KM : 5’18
7KM : 5’13
8KM : 5’28

Kilomètres 9 à 14 : Ça commence à devenir compliqué alors que je suis plutôt « bien », mais à chaque kilomètre je deviens un peu plus lente. Je commence à manger pour me rebooster. Je mange une pâte de fruit, et prends le temps de bien me ravitailler tous les 5 kilomètres : fruits, eau et compote à boire… Je décide de me laisser le temps de repartir un peu plus loin. Finalement, même si je pars sur une allure de 5’40 durant quelques kilomètres je devrais pouvoir finir la course en étant en-dessous des 4h. Pas la peine de s’inquiéter donc.

9KM : 5’23
10KM : 5’34
11KM : 5’39
12KM : 5’30
13KM : 5’33
14KM : 5’36

Kilomètres 15 à 20 : J’ai de moins en moins la forme, je marque une petite pause au ravitaillement du 15ème kilomètre, je mange, je bois et me laisse un peu le temps. Premier kilomètre à plus de 6′ au kilomètre, et j’en suis qu’au 15ème kilomètre. Psychologiquement, c’est un coup dur, mais l’objectif est de repartir de plus belle ensuite. Hop, j’enchaîne le 16ème, le 17ème, le 18ème kilomètre hyper concentrée. Je commence à raisonner comme en séance de fractionnés : « c’est parti pour 3000m en allure marathon » avant de ralentir un peu. Pour autant, ma forme chute à nouveau dès le 19ème kilomètre. Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais je me ne sens pas bien, j’ai les cuisses lourdes, si lourdes que je peine à lever mes jambes, puis je commence à avoir mal dans l’aine, et à ressentir une douleur au niveau du « pubis ». À tel point que j’ai de plus en plus de mal à avancer.

15KM : 6’19
16KM : 5’19
17KM : 5’55
18KM : 5’32
19KM : 6’01

Kilomètre 20 : J’aperçois tous mes proches, Damien toujours présent, ses parents, sa petite soeur, ainsi que mes parents. Je m’arrête quelques instants pour prendre un peu de leur énergie, et je repars avec une compote à boire à la banane histoire de me donner des forces. Je me sens tellement chanceuse de les avoir comme supporters, pour autant niveau forme ça ne s’arrange pas !

20KM : 6’17

Kilomètres 21 à 25 : Je commence à connaître le parcours, on repasse sur les premiers kilomètres. Je me rappelle à quel point j’étais plus vive quand j’y suis passée pour la première fois. Mes douleurs s’accentuent, il m’est de plus en plus difficile à avancer tant j’ai mal dans l’aine et au niveau du pubis côté gauche. Pas très glamour de vous écrire ça ici, mais c’est clairement les douleurs que j’avais. Je me dis que je dois avoir envie d’aller aux toilettes…

Je garde le sourire jusqu’au bout des lèvres, c’est ce qui me fait tenir, en plus le soleil est de retour ça fait un bien fou. Je croise Chloé et Adrien qui ont la forme, puis Eva, happy runneuse, qui galope ! Je décide de m’accrocher à Adrien et Chloé pour tenir, mais finalement maintenir leur allure ne fait qu’accentuer mes douleurs. Ça me compresse de plus en plus au niveau du pubis, je choisis donc d’aller à mon rythme, toujours avec l’ambition de repartir de plus belle après. Une fois que je me serais arrêtée pour aller aux toilettes, ça devrait aller…

21KM : 5’57
22KM : 5’53
23KM : 6’06
24KM : 5’39
25KM : 5’55

Kilomètre 26 : Nouveau ravitaillement, je décide de m’arrêter pour boire et manger encore une fois. Et puis, il y a des « toilettes », c’est l’occasion d’y aller peut-être que la douleur partira….

26KM : 8’30

Kilomètres 27 à 31 : La douleur ne passe pas, mais vraiment pas… Et c’est même encore plus difficile de repartir après cette pause. J’essaie de me concentrer, je continue de sourire après tout le paysage est beau. Aux environs du 30ème kilomètre, j’aperçois de nouveau tous mes proches, je leur dis où j’ai mal. Mon papa dans son parfait rôle de supporter me dit « allez vite, dépêches-toi, ne t’arrête pas ! », je lui réponds que de toute façon je suis hors mes allures et que je n’ai plus d’objectif de temps, mais seulement l’objectif de passer la ligne d’arrivée en pleine forme.

En prononçant ces mots, je réalise donc que ce n’est pas sur ce marathon que je ferai moins de 4 heures, que finalement prendre le départ de ce marathon était peut-être précipité. Je ne comprends pas vraiment ce qui m’arrive, mais je ne vis pas LA course de ma vie.

27KM : 6’02
28KM : 6’34
29KM : 6’22
30KM : 6’31
31KM : 6’31

Kilomètre 32 : Mes jambes sont si lourdes, mes cuisses me brûlent de douleur, mes hanches me font mal, et j’ai également une douleur qui commence à se développer dans le bas du dos… Bref, j’ai connu des jours meilleurs ! Je marche un peu durant ce kilomètre… Je me rends compte que la plupart des coureurs autour de moi sont dans le même cas que moi (ils ne peuvent plus avancer), on se soutient tous mutuellement par des petits encouragements.

Dans ma tête, je me dis qu’il reste 10 kilomètre, soit un entraînement sur piste. Ça va aller vite, mais en même temps vu mon état je me demande comment je vais pouvoir encore courir cette distance.

32KM : 7’41

Ce dernier kilomètre m’a achevé. Je n’ai jamais couru un kilomètre à une telle allure, même sur le Marathon de Paris en 2018. J’avais extrêmement mal au genou et à la hanche gauche mais j’ai rarement atteint une telle allure. C’est compréhension totale Je commence à comprendre que ce marathon sera plus long que mon premier. Je n’ai aucune force, ni aucune motivation intérieure pour tenter d’aller un poil plus vite… À quoi bon ? Je n’ai pas envie de revivre l’après Marathon de Paris, je n’ai pas envie de me blesser à nouveau. Alors, je vais continuer à ce rythme tant pis.

Kilomètres 33 à 42,195 : Ces 10 derniers kilomètres seront les plus longs de toute ma vie ! À une allure de 7/8′ au kilomètre, je ne vais pas vous cacher que l’on en voit difficilement le bout. En voulant me caler à un rythme « tenable » pour ne pas me blesser, je suis rentrée dans une sorte de spirale infernale, plus j’avançais et moins j’avançais ! Faire du 6’30/7′ était déjà un obstacle. Psychologiquement, c’était difficile, alors pour tenir j’ai affiché un immense sourire sur mon visage, histoire de me rappeler qu’une course est censée être un bon moment même dans l’effort.

33KM : 6’48
34KM : 6’48
35KM : 7’30
36KM : 8’01
37KM : 8’41
38KM : 7’19
39KM : 7’22
40KM : 8’18
41KM : 7’13
42KM : 8’01
+0,900m : 6’29

L’arrivée de ce marathon ? Un soulagement. En 2018, au marathon de Paris je m’étais effondrée « physiquement », cette fois je me suis « psychologiquement » effondrée. Je me suis tellement retenue d’exprimer ma douleur durant cette course, que dès que j’ai passé cette ligne, je me suis effondrée en larmes, le souffle coupé avec une peine pour respirer. Je me suis accordée 5 minutes, seulement 5, car il s’agit d’une course, ce n’est pas ma vie, et surtout je suis tout de même fière d’être allée au bout. Le plus difficile dans tout ça ? Ce sont les sacrifices que l’on fait durant la préparation. Un marathon c’est difficile, mais la préparation durant 12 semaine l’est tout autant.

Physiquement, je passe la ligne en « forme ». Si ce n’est des jambes lourdes, je suis bien. Mes douleurs sont au niveau du « pubis », et c’est vraiment dans l’effort que j’ai mal. Cette douleur c’est un peu le « flou total », mais l’objectif était de ne pas de se blesser, il est donc rempli.

Bilan

Chaque marathon est unique c’est que j’en retiens. Il s’agit d’une distance exigeante, tant sur la préparation, que sur la course en elle-même. On parle beaucoup de l’état physique, mais souvent trop de l’état « psychologique » lorsqu’on prépare une course.

Aujourd’hui, je ne sais toujours pas vraiment ce que j’ai eu au niveau du pubis, j’ai encore un peu mal lorsque je contracte mes abdos et cours plus de 40 minutes. Il semblerait que ce soit une « hernie », ou une pubalgie après examens. Rien de grave, il faut que je me repose.

Je repense beaucoup à ce marathon, et je me rends compte que si j’étais prête physiquement, je l’étais moins « psychologiquement ». J’ai un sacré train de vie, je fais beaucoup de choses à la fois, un peu super-active, j’ai du mal à m’arrêter car j’aime ce dynamisme. Pour autant, notre corps à des limites et là c’est clairement ce qui s’est passé le 24 novembre. Une belle leçon, je vais tâcher de me stopper et de me concentrer sur l’essentiel pour les mois à venir.

Je mets un point final à ce compte-rendu en vous remerciant pour tous vos petits mots et encouragements sur Instagram ♥ J’ai hâte de revenir en forme en 2020 !


Partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Emoticons Smile Grin Surprised Cool Mad Wink Cry Crazy Exercise Tongue Out Laughing Tears Kiss Kiss Love Love Tears smug mask silent scream angry heart

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Vous recherchiez quelque chose?